Hommage à Sakumi Yoshino

Portrait de SHKareshi
Billet écrit par SHKareshi
Le lun, 02/05/2016 - 11:35

Ce matin, comme tous les matins, et avant d'aller au bureau, je sirotais tranquillement mon café en regardant les news du Japon… Et dire que… Au début, je voulais poster sur le blog pour parler de la bouse intersidérale qu'est Captain America - Civil War… Au lieu de ça, je vais parler d'une (très) grande dame, dont nous venons d'apprendre la disparition : Sakumi Yoshino, artiste majeure mais complètement ignorée en Occident, est décédée suite d'une maladie, à l'âge de 57 ans, le 24 avril dernier. Et c'est un gros drame, tellement son Œuvre est importante. Vous ne connaissez pas son nom ? Normal : le snobisme et le machisme franco-français font que le "shôjo manga" reste encore et toujours un genre complètement ignoré et mal connu. Pourtant, Sakumi Yoshino, c'était une des auteures particulièrement importante et influente de sa génération. Alors, je me devais d'en parler un peu… Cela fait tellement longtemps que je rêve de publier, en français, au moins une de ses œuvres… Le succès très très mitigé des "shôjo oldies" n'aidant pas…

Originaire d'Osaka, Sakumi Yoshino commence sa carrière de mangaka dans les pages du magazine Bouquet (mon chouchou !!!!!) des Éditions Shueisha. Son manga le plus culte restera sans doute Shônen wa kôya wo mezasu, l'histoire d'une jeune fille qui pendant une très large partie de son enfance, croyait qu'elle était un petit garçon. Après avoir travaillé de longues années pour Shueisha, elle continua sa carrière chez Shogakukan. A l'instar d'une auteure comme Fuyumi Soryo, sur les dernières années de sa carrière, elle signa surtout un "seinen" manga (Period) dans les pages du magazine IKKI.

 

Comment vous parler de la puissance de ses œuvres ? De l'émotion à fleur de peau qui s'en dégage ? De sa mise en scène et de sa narration qui ferait rougir les auteurs de BD contemporains tellement elle est maîtrisée ? De son dessin tout en sensibilité ? Tout cela me rappelle d'ailleurs mes dernières discussions avec Natsumi Aida. Au Japon, comme en France, ces derniers temps, les jeunes lecteurs, mais surtout auteur(e)s de shôjo manga manquent un peu de culture générale et de connaissance sur l'histoire du genre. Le résultat, c'est qu'il se transforme peu à peu en "pornographie émotionnelle" souvent vide de sens, et misant tout sur des beaux garçons pour faire fantasmer les lectrices. Bien dommage… Mais la situation n'est pas désespérée, car il semble bien qu'une nouvelle génération d'artistes est en train d'apparaître là-bas. Et de mon côté, de nombreux projets sont en train de germer… Ils prendront du temps, c'est sûr, mais il est important de parler plus, et mieux, de shôjo manga. En attendant, vous pouvez toujours découvrir mes vidéos de ShôjoVoraces. Et si j'en faisais une sur Sakumi Yoshino, par exemple ?? Ce qui est sûr, c'est que la prochaine fois que je vais au Japon, je vais écumer les librairies d'occasion pour compléter ma collection T___T

En attendant de pouvoir un jour je l'espère vous faire connaître son travail, je suis donc en deuil… Et ce soir, je me consolerai en relisant dans mon lit les mangas de cette artiste incontournable. Quant à vous, chers lecteurs et lectrices : faites de nos shôjo mangas des bestsellers, et ça rendra possible des projets bien audacieux. Et si un autre éditeur se jete sur les œuvres de l'auteure, on saura bien évidemment quel genre d'opportuniste il est…  J'ai hâte de vous dévoiler, en attendant, nos deux dernières nouveautés de l'année.

Commentaires (3)

Portrait de Cyril

Et elle n'a pas fait de série courte, du type 2-3 volumes, que vous pourriez publier sans prendre trop de risques pour nous permettre de découvrir cette auteur (dont je reconnais que je n'avais jamais entendu parler) ? Au vu de la dernière image de ce post, les dessins ne semblent pas trop "old school".

Portrait de Mariam

Je suis très attristé par cette nouvelle ! C'était une autrice (si j'écris auteure comme ça c'est pour une raison) d'exception que j'aurais aimé découvrir ses oeuvres ! Je suis totalement d'accord avec vous sur le traitement du shojo manga en France et c'est très regrettable cette pensée collective négative sur le sujet. Je partage votre opinion et j'espère voir des séries de ce genre plus commercialisé et reconnu en leur juste valeur. Je me demandais quel est votre métier chez Akata si ce n'est pas trop indiscret car vous semblez avoir l'opportunité de voyager au Japon pour rencontrer certaines mangaka et j'aimerais faire ce genre de métier :)!

Portrait de lilianneterre

C'est par pur hasard, que je viens de tomber sur ce "post", et cette annonce (malheureuse)...

Pourtant, je suis assez, les nouvelles dans la "japanimesphère".. et, pourtant, je n'ai rien vu, ni entendu (!) Certes, il est vrai, qu'un décès n'est guère un évènement que l'on aime entendre... Cependant, cette "mangaka" semble très importante pour le "shojo" (bien souvent, oui, "vide" [dans le mauvais sens du terme ; c'est-à-dire "creux"] ces derniers temps)

Personnellement, je n'ai rien contre les longues séries, au contraire.... mais, il est vrai que ce n'est guère aimé, des acheteurs, actuellement :/ en France, du moins (!) Je ne sais, pour le Japon (?)

P.S. : j'ai de plus en plus ; l'envie, de donner des claques, quand je dois supporter, des phrases comme : "c'est bien, c'est juste deux/trois tomes" ou "C'est pas long" ou "c'est court [comme série ])

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