C’est par la longévité de la carrière d’une autrice qu’on peut deviner à quel point elle est talentueuse. Et Takako Shimura fait sans aucun doute partie des mangaka à l’aura unique au Japon. Active depuis 1997, elle est une figure incontournable du manga en général. C’est donc avec beaucoup de plaisir que nous continuons d’explorer son travail : rendez-vous en avril pour découvrir Les Filles d’Awajima, un yuri manga plein de nuances et de poésie.

Résumé : L’école des arts de la scène de la prestigieuse revue d’Awajima accueille des jeunes filles venues de tout le pays. Malgré leurs différences, elles partagent toutes un même objectif : intégrer la troupe de théâtre d’élite de l’institution. Mais pour les rôles les plus convoités, les places sont chères... Entre désirs inavoués et sentiments ambivalents, les étudiantes d’Awajima devront redoubler d’efforts pour se révéler, aussi bien sur les planches qu’en coulisses.
Dans Les Filles d’Awajima, Takako Shimura dresse les portraits croisés de jeunes filles qui se cherchent. Avec beaucoup de sensibilité, elle explore les blessures souvent invisibles d’adolescentes à l’orée de leurs vies d’adultes. Publiée au Japon par l’éditeur Ohta Shuppan (Utsubora, Shino ne sait pas dire son nom), cette série achevée en 5 tomes a rencontré une grande reconnaissance : en 2015, la série remportait (aux côtés du Mari de mon frère) le Prix d’Excellence du Japan Media Arts Festival. En 2023, le ministère de la culture du Japon la recommandait également pour représenter la qualité des mangas féminins. Cerise sur le gâteau, l’adaptation en anime pour avril 2026, avec aux commandes le prestigieux studio Mad House !
En proposant les récits de femmes de générations différentes, avec des problématiques de vie variées, Takako Shimura revisite le classique schéma de « le pensionnat pour jeunes filles ». Mais elle le fait aussi en faisant référence à une autre institution mythique au Japon : le Takarazuka. Bien que cela ne soit jamais dit ouvertement, il n’y aucun doute sur ce clin d’oeil à peine cachée, à ce théâtre japonais dans lequel tous les rôles (y compris ceux des hommes) sont incarnés par des femmes. Les Filles d’Awajima est donc profondément ancré dans la culture japonaise, mais aussi dans la culture shôjo.
Rendez-vous en avril pour découvrir le premier tome de ce manga traduit par Yohan Leclerc, mis en pages par Tom "spAde" Bertrand et dont la couverture est signée Clémence Aresu. Il sera proposé à un rythme de parution trimestriel.

