Date de sortie: 10/01/2019
Résumé / Présentation:

Années quatre-vingt, Tokyo. Yûji Manase est étudiant. Mais il vit au quotidien avec deux secrets dont il n’a jamais parlé à personne : d’une part, les sentiments qu’il éprouve pour son ami de longue date Masaki Matsunaga, et de l’autre, le malaise qu’il ressent vis-à-vis de son corps. Un jour, Yûji pose la main sur une robe que sa sœur a laissée dans son appartement, sans savoir que cet acte allait bouleverser sa vie…

À noter que ce résumé est pour le moment genré au masculin, car au début de l'histoire, Yûji Manase se considère encore homme. Yûji comprend son identité au fil des pages. Le résumé du second opus de la série sera par conséquent genré au féminin. Il aurait été bien évidement possible de l'écrire de manière inclusive, mais l'histoire se déroulant dans les années quatre-vingt, cela nous a semblé hors contexte. Nous espérons sincèrement que ce choix ne heurtera pas les personnes concernées.

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Type de publication: Manga
Prix: 8.05 €
Format: 127 x 180 mm
Age minimum conseillé: 14 ans
  • Les volumes de Celle que je suis
Celle que je suis T.2

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Commentaires

Fleur le 10 01 2019 10:29

À nouveau, Akata dégaine un sujet sensible et profond de sa besace pour nous offrir un manga atypique comme on aime en lire chez eux. Avec Celle que je suis, c’est un thème très délicat qui est abordé puisqu’il s’agit de l’identité genrée mais dans un contexte bien plus complexe qu’on ne pourrait le penser car l’action est située dans les années 80.

Il faut bien se remettre dans l’atmosphère de cette époque pour réaliser tout le dilemme du héros, Manase. Si de nos jours, en 2019, il est déjà très compliqué d’accepter qui on est même lorsque la situation est propice, imaginez la difficulté que cela représentait quelques décennies en arrière. Alors que l’homosexualité était majoritairement montrée du doigt comme une tare, une maladie, une déviance malsaine, la question du genre et de l’identité sexuelle restait fortement tabou.

C’est précisément cette déchirure identitaire que Yûji expérimente, seul avec ses doutes, ses interrogations et cette lutte de chaque instant de se voir devenir un homme alors qu’en son âme, il se sent femme. Encore une fois, si aujourd’hui c’est un sujet aborder plus ou moins librement par les médias, à l’époque un individu en proie à ce questionnement existentiel était isolé et savait qu’il aurait du mal à trouver quelqu’un avec qui partager ses doutes.

Tout ceci est parfaitement retranscrit dans cette histoire où nous découvrons en même temps que le héros une nouvelle évolution dans l’acceptation. L’acceptation d’être qui il est vraiment, en tout cas les prémices de cette acceptation qui sont parfaitement décrites dans ce premier tome qui introduit un personnage attachant et authentique. On le suit dans son intimité, celle où il s’autorise ce qui lui est interdit en société, une société qui n’est pas encore prête à s’ouvrir à ce qui s’apparente à un 3° sexe.

J’ai bien l’intention de poursuivre ma lecture de cette histoire dès que le prochain tome sortira, car si le cadre donné est celui des années 80, il me semble qu’à plusieurs niveaux il est encore et malheureusement d’actualité. Les réflexions induites par ce manga sont essentielles, à mon avis, et je ne suis pas étonnée qu’un éditeur tel qu’Akata les mette en avant dans cette publication qui mérite qu’on s’y attarde.

Reptilienne Masochiste le 24 01 2019 13:32

Même si le sujet est en effet très sensible, ça n'en est pas moins très bien raconté, et l'histoire est très réaliste ^^... J'ai également vécu tout cela comme ça, et les sentiments que j'ai vécu en lisant ces planches étaient très forts! J'avais l'impression d'être dans la peau de l'héroïne, comme si moi aussi je m'habillais avec des vêtements féminins ^///^! Je meurs d'impatience de lire la suite..

Brigitte Alouqua le 29 11 2019 16:35

Plutôt que de vous proposer un avis sur chacun des deux tomes, j’ai choisi de faire un avis global reprenant les deux. Après tout, j’ai lu les deux l’un à la suite de l’autre sans m’arrêter.

J’ai complètement craqué pour cette duologie. Non seulement elle véhicule des messages forts, mais elle transmet des émotions intenses.

Je me suis tellement attachée à Yûji Manase, j’avais tellement mal pour lui. Sa souffrance est si forte, que c’est juste impensable de ne pas avoir envie de le soutenir, de le protéger, de l’aimer, de le chérir comme il aurait bien besoin de l’être. Le coup de crayon rend toutes les émotions encore plus profondes parce que nous le voyons en train de souffrir, et que nous ne pouvons rien y faire.

Manase est un jeune garçon mal dans sa peau depuis longtemps, il n’a pas le bon corps et c’est réellement une souffrance atroce pour lui qui en plus est amoureux de son meilleur ami qui ne s’intéresse qu’aux filles. Il souffre tellement qu’il reste seul la plupart du temps, sans même savoir que d’autres personnes comme lui pourraient l’aider et le soutenir dans ce qu’il traverse, parce que non, il n’est pas le seul à ressentir ça.

Mais il n’y a pas que le thème des transgenres qui est abordé ici, il y a également la problématique des mariages arrangés, ou encore celui de ne pas savoir où est notre place dans ce monde. Chacun de ces thèmes est traité avec justesse et sensibilité, ils mettent ces problématiques bien en avant.

Les mariages arrangés sont encore d’actualité, et même si je suis d’accord que cela fait partie de certaines cultures, je ne trouve pas normal de décider qui épousera qui, juste par intérêt. Quant à savoir quelle est notre place dans ce monde, je pense que de nombreuses personnes se posent cette question, mais est-ce une question qui peut réellement trouver une réponse ? Personnellement, je pense que notre place, nous la créons nous-mêmes avec notre personnalité et nos objectifs.

Au final, deux tomes pour des thèmes de ce genre, c’est peu, cependant, si nous devons les approfondir, il faudrait une saga très longue. Je trouve que l’auteur c’est très bien débrouillé pour en faire un condensé en deux tomes. Même si c’est vrai que cela ne m’aurait pas dérangée qu’il y ai plus de tomes, eh bien je sors de cette lecture complètement retournée et les larmes aux yeux.

À découvrir de toute urgence, si ce n’est pas déjà fait.

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