La chronique de le graou« Mon dieu que cette couverture est laide ! » pourrait être le cri du cœur du jour. Les précédentes ne brillaient déjà pas par leur joliesse, mais ce personnage
crapaudiforme sur fond caca d’oie bat tous les records en matière de repoussoir à acheteur curieux…
Et pourtant ce quatrième volume de
Full Ahead ! Coco se révèle, à la lecture, un récit d’aventures tout à fait réjouissant. Qu’il s’agisse des malheurs de Coco, embarqué sur une coquille de noix et confronté à son inexpérience de la navigation ainsi qu’aux inévitables monstres marins affamés, ou de la brutalité d’une mutinerie à bord d’un vaisseau pirate, avec l’émergence de ce qui s’annonce comme un futur ennemi des plus retors, les rebondissements se succèdent sans trêve, ponctués comme précédemment de gags plus ou moins subtils (bon, ok, plutôt moins que plus, mais c’est ça qu’est bon !).
Bien que le dessin de
Hideyori Yonehara demeure inégal – efficace mais pas forcément toujours réussi –, le récit parvient à rendre sa course au trésor haletante et, surtout, l’auteur nous épargne le sempiternel
jeune héros seul survivant d’une civilisation disparue, ce pour quoi il gagne toute ma gratitude. Les mystères se multiplient sans pour autant laisser au lecteur la sensation d’avancer à l’aveuglette, lui permettant d’échafauder au fur à mesure toutes sortes de théories et d’essayer d’imaginer ce qui se passera ensuite. Et si certains aspects du tome 3 pouvaient sembler particulièrement téléphonés, ce nouveau volume remonte la pente et nous laisse sur un sérieux casse-tête… avec deux mois pour y réfléchir avant de savoir quelle solution y apportera l’équipage de la Tête-de-roc !
12/09/2007
La chronique de Saishû Heiki KareshiCe quatrième tome de
Full Ahead ! Coco présente un bestiaire digne du Monde perdu. Au programme, baleine carnivore (enfin presque), écrevisse géante, hydre à deux têtes, chien flamboyant et même serpent vorace. Vous l’avez compris, voilà un tome très zoologique et riche en actions !
Et Yonehara Hideyuki est d’ailleurs très doué pour dessiner les animaux et autres monstres qui parsèment son récit. Détaillée, l’anatomie des différentes créatures paraît tout à fait crédible, et ces derniers bougent de manière très fluide. Etrangement (car finalement, Bart n’est pas sans faire penser à un certain Dark Schneider), le trait détaillé et vif du mangaka n’est pas sans faire penser à celui de Hagiwara (
Bastard), en moins fouillis et moins exagéré. Résultat, ses planches sont claires et lisibles, très agréables à l’œil.
Comme précédemment, on apprécie vraiment le fait que l’histoire avance, et vite. Une fois les indices pour trouver le trésor réunis, voilà nos héros qui repartent en voyage. Et en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, ils arrivent à destination. Evidemment, rien n’indique qu’ils y trouveront ce qu’ils cherchent, mais on évite l’écueil d’un long voyage sans fin et soporifique.
En outre, le mangaka réussit à dévoiler ses personnages secondaires, au détour de quelques pages. Et alors que certaines scènes semblaient être des « conclusions » de chapitres précédents, on se rend compte plus tard qu’elles sont en même temps une ouverture vers la suite de l’histoire (exemple de la scène où Backchi évoque son passé à Coco). Une belle maîtrise narrative.
Le tout est ponctué par un humour jamais lourd, qui donne à
Full Ahead ! Coco un petit côté succulent. D’ailleurs, Bart n’est pas pour rien dans le côté fortement dérisoire de ce manga. Dans ce volume, quelques scènes des plus efficaces tireront un rire au lecteur. Le mangaka joue sur les codes du manga et se fait plaisir.
Un quatrième volume toujours aussi plaisant. Voilà décidément un shônen manga qui était peu connu en France avant son arrivée, mais qui prouve qu’il existe encore de très bons titres au Japon. On attend la suite avec impatience ! On espère juste que le côté « super pouvoir » introduit dans ce volume ne prendra pas trop d’ampleur, risquant de casser l’équilibre de ce manga.