La chronique de herbvHideji Oda est un auteur rare.
La forêt de Miyori est seulement sa troisième œuvre à paraître en français alors que la première partie de
Dispersion (rééditée et complétée par Casterman chez Sakka en 2004) est sortie il y a 14 ans. Mais au Japon, il en est un peu de même, le
mangaka ayant très peu publié depuis ses débuts en 1991 au sein du magazine
Afternoon.
La forêt de Miyori nous conte en neuf chapitres la découverte par une petite fille venue de la ville d’un autre monde, celui de la campagne isolée et fantastique. Suite aux frasques amoureuses de sa mère, Miyori est placée pour quelques temps chez ses grands-parents paternels. Ceux-ci habitent à l’écart du village, au sein d’une forêt qui se révèle être peuplée d’esprits sylvestres. C’est alors que, petit à petit, Miyori retrouve ses capacités de communication avec cet autre monde et accepte de devenir la nouvelle gardienne de la forêt, rôle d’autant plus vital qu’un projet de barrage hydraulique doit engloutir le lieu prochainement.
Si
Dispersion et, dans une moindre mesure,
Terrain vague, n’étaient pas convaincants à cause de trop nombreuses faiblesses narratives, ce n’est heureusement pas le cas avec
La forêt de Miyori qui réussit à mettre en place une atmosphère merveilleuse et à maintenir l’intérêt du lecteur tout au long des 200 pages du manga. Le dessin personnel de l'auteur colle parfaitement à son propos écologique, peu subtil comme à son habitude mais qui passe bien grâce à un bestiaire fantastique réussi et une histoire de relation mère-fille plutôt réussie. Il arrive ainsi à dénoncer les dérives des comportements parentaux citadins et modernes en prônant les joies de la vie simple à la campagne.
Il en résulte une lecture des plus plaisantes et rappelle, dans un genre complètement différent, l’excellent
Petite forêt de Daïsuké Igarashi. Il ne reste plus qu’à espérer que Milan édite prochainement la suite,
Miyori no mori no shiki, sortie l’année dernière au Japon.