La chronique de namtrac "Quand tu as un problème, rigole, rigole"
Au pays enchanté de
Gintama, on peut bien se faire kidnapper par des trafiquants de drogue, être poursuivi par des yakuzas, pris pour des terroristes et recherché par la police, pris en otage par ces mêmes terroristes, aller s’écraser sur une planète désertique ou être obligé de se planquer quand votre proprio vient vous réclamer le loyer, tout cela n'est finalement pas bien grave. Les jours se suivent et ne se ressemblent jamais à Edo, et ce n'est pas plus mal. Nos héros semblent toujours faire feu de tout bois, et rien ni personne ne semble capable de briser leur âme de glandeurs.
"Même si tu oublies de prendre des slips en voyage, n’oublie pas ton jeu de cartes Uno"
Vous l'aurez compris, dans
Gintama, on a surtout le sens des priorités. Pourtant, parmi ces préceptes farfelus (qui dès la page de sommaire, donnent un avant-goût terriblement jubilatoire du chaos et du je-m'en-foutisme qui règnent dans chaque nouveau chapitre), se cachent de réelles vérités, des conseils à première vue saugrenus qui se révèlent plus judicieux qu'ils n'en ont l'air.
Gintama, c'est toute une philosophie de la vie, qui transpire également à travers les mots de l'auteur. Chaque personnage possède son propre sens des valeurs, et suit son chemin sans se soucier des autres.
On aimerait bien pouvoir nous aussi toujours garder la tête haute, sans se soucier des conventions, de bienséance, de la loi, du sens commun, voire de la réalité tout court. Pouvoir rigoler quoi qu'il advienne, ne jamais s'étonner des situations les plus grotesques, et prendre le taureau par les cornes quand une catastrophe nous tombe dessus. Vivre dans l'instant présent sans se soucier du lendemain et pouvoir apprécier les petits plaisirs, comme de déguster de bonnes algues au vinaigre, ou simplement donner un coup de main à ses amis et en profiter pour faire du cosplay et jouer avec des explosifs... Qu'à cela ne tienne, Hideaki Sorachi exauce votre souhait ! Le temps d'un tome de
Gintama, on se laisse emporter par la folie, le foutoir, et la glandouille, et bon sang ce que ça fait du bien !
Note sur l'édition : Du côté de la fabrication, ça ne s'améliore pas puisqu'on a droit à la spécialité de Kana : les impressions baveuses. La traduction (l'adaptation) est toujours très ampoulée à certains endroits, avec un français pas toujours maîtrisé, une mauvaise utilisation de certains verbes/tournures, qui ne rend pas justice au manga. Encore un travail par-dessus la jambe de Kana...
La chronique de NaYungUne grande question des lecteurs trouve enfin réponse dans ce volume ! A présent, le fan acharné de cette série humoristique peu raisonnable connaît l'âge des héros et peut pousser un gros soupir de soulagement… Shônen remarquable de logique et précision,
Gintama nous apprend donc que la plupart des gars ont la vingtaine, voire moins pour certains mais sans certitude.
Le véritable bon point de ce volume – outre les chapitres comiques habituels et ces personnages si irrésistibles grâce à leur caractère débile – consiste en l'arrivée de Sakamoto Tatsuma et Takasugi Shinsuke, deux anciens compagnons d'armes du démon blanc ou de l'amoureux des "canards".
Le premier se classe avec les idiots habituels : incapable de se souvenir correctement du nom de ses amis, absence du sens des réalités, sourire en toute circonstance malgré une tête bien amochée… Pourtant, ce gars-là a eu suffisamment de flair pour ouvrir un commerce prospère et avec ses cheveux en pétard ou son allure étourdie, ce grand benêt devient de suite sympathique, plongé dans l'observation des étoiles et prêt à créer sa propre voie. Le second – et là c'est plus intéressant – pourrait se voir taxé de véritable méchant de la série. Takasugi, c'est LE mec à éliminer, un
samurai qui n'hésite pas à se servir des autres pour supprimer le plus grand nombre et qui se complaît à voir le sang couler. Sur le groupe des combattants d'antan, il est sans conteste le plus dangereux. Cheveux dans les yeux, bandages, vieux kimono fleuri, sourire cynique et poseur, ce dernier se pose comme le seul des principaux personnages jamais ridiculisé et s'impose comme le grand ennemi à combattre (mais seulement si nécessaire) d'un pauvre héros flemmard qui n'a pas encore tout à fait perdu ses crocs.
Tous différents, un peu/beaucoup fous, ces jeunes vivent comme ils l'entendent et s'accommodent de toutes les situations proposées par cet univers bizarre mêlant le
bakufu, des extraterrestres ou des objets bien plus modernes dans un grand fracas chaque fois plus prenant.
Gintama pourrait n'être qu'un vague manga mal réalisé et juste drôle grâce à la bêtise de ses personnages s'il n'arrivait parfois que l'auteur ait une idée sympa, pas forcément originale mais toujours dans cette ambiance accrocheuse et aussi, un peu enviable.