je ne suis pas mort
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Pour Sanpei

Pour Sanpei

Auteur : Fumiyo Kouno
Volume : 1
Editeur : Kana
Sorti la semaine du : 18-04-2009

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namtracLa chronique de namtrac

“Sanpei est un sexagénaire à la retraite, un peu bougon et renfermé de nature. Après la mort de sa femme, il emménage chez son fils. En triant ses affaires, il tombe par hasard sur un carnet, une sorte de journal de bord tenu par sa femme. A sa lecture, Sanpei découvre que Tsuruko a pris le temps de mettre par écrit tout ce qui pourrait être utile à son époux afin de lui faciliter la vie, afin qu’il puisse vivre plus en harmonie avec son entourage : les goûts de sa petite-fille, le caractère de son fils, les recettes de cuisine essentielles, comment recoudre un bouton, comment repasser, etc.” Voilà. C'est bien tout ce qui passe dans ce manga, et pourtant…

Trois ans après Le Pays des Cerisiers, Kana nous gratifie enfin d'un nouveau manga de Fumiyo Kouno et c'est pas trop tôt. Le talent de la mangaka pour l'observation du quotidien et la subtilité dans la retranscription des émotions sont toujours bien là. Mais on n'en doutait pas vraiment.

"Je ne me suis jamais senti grand goût pour portraire les triomphants et les glorieux de ce monde, mais bien ceux dont la plus vraie gloire est cachée."

Cette phrase de Gide, que Fumiyo Kouno admet aimer tout particulièrement, résume bien l'approche que la mangaka a de son œuvre. "Un héros très discret", voilà d'ailleurs comment l'on pourrait intituler chacun de ses récits. Ses personnages brillent en effet par leur touchante (rassurante ?) banalité. Des gens ordinaires qui ne font pas de bruit, dont les joies et les peines passent inaperçues, et sur lesquels Fumiyo Kouno aime à s'attarder.

Pour autant, la vie de la petite famille ne manque pas d'éclat, et les différents membres qui la composent possèdent une personnalité bien campée. Entre l'apprentissage du nettoyage et les récriminations de Shirô, le fils de Sanpei, entre Reika, la belle-fille à la main de fer dans un gant de velours et les bizarreries de Nano, la petite-fille, ou encore l'épanouissement d'une romance inattendue, les chapitres se succèdent avec d'autant plus de bonheur que l'on ne ressent pas chez la mangaka la fascination pour les "humbles", les "petits" qui caractérise certains artistes de milieu aisé.

C'est à travers le regard de l'une des leurs, de ces "humbles" qui ne se considèrent en réalité pas comme plus petits que les autres, que Pour Sanpei déroule ses instants de vie. L'observation toujours teintée d'humour et d'indulgence des petits soucis que doit affronter Sanpei au quotidien offre au lecteur un récit attachant, dénué du cynisme bien trop présent dans notre société actuelle, sans que l'on ne tombe jamais dans l'optimisme béat pour autant. Simplement, Fumiyo Kouno dessine avec objectivité, de son trait presque enfantin, les choses heureuses comme moins heureuses de la vie. Tout simplement.


Note sur l'édition : On constate que la qualité du papier utilisé pour ce nouveau titre de la collection Made In a sacrément baissé, même si elle demeure acceptable. Desbief de son côté s'emmêle encore et toujours les pinceaux en nous sortant de nulle part deux répliques qui n'ont aucun sens, montrant qu'il est parfois bien en peine d'observer le contexte des phrases qu'il traduit.
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herbvLa chronique de herbv

Devenu veuf, Sanpei Okuda emménage chez son fils, Shirô, sa belle-fille, Reika, et sa petite-fille, Nona. Une nouvelle vie commence pour ce retraité d’une soixantaine d’année. Lui qui passait tout son temps au travail et ne participait à aucune tâche ménagère va devoir s’habituer à rester à la maison. Heureusement, alors qu’il vide ses cartons du déménagement, un livre lui tombe dessus. Il s’agit d’un épais journal tenu par son épouse décédée qui contient toutes les informations qui pourraient lui être utiles une fois seul. Contenant différentes parties sur les principales tâches domestiques, mais aussi sur tous les membres de la famille, et proposant même une série de recettes de cuisine, le livre se révèle être une véritable mine d’informations. C’est alors qu’une nouvelle vie plus tournée vers les autres devient possible pour Sanpei...

En dix-sept courts chapitres, Fumiyo Kouno, que l’on connaît en France grâce à son formidable Pays des cerisiers, nous propose un récit touchant sur la vie quotidienne d’une famille japonaise. Loin des remises en question du modèle traditionnel qui mettent en avant des adolescents en révolte que l’on a pu voir dans certains mangas, c’est avec un ton paisible que l’auteure nous montre une certaine société japonaise actuelle, celle des petites villes de banlieue plus ou moins campagnardes. La réussite est totale et rapidement on s’attache à ce vieux bonhomme bourru et un peu perdu qu’est Sanpei. C’est donc avec un plaisir anticipé qu’on attend la sortie du second tome. Avec ce titre, Kana, par le biais de sa collection Made in, continue à nous proposer des perles de la bande dessinée japonaise et nous prouve une fois de plus que manga peut être synonyme d’excellence.
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crapuleLa chronique de crapule

Sanpei est un vieil homme comme tant d’autres, appartenant à "la vieille école". Il a durement travaillé toute sa vie, négligeant, sans vraiment s’en rendre compte, le plus important : son foyer et sa famille. Tsuruko, sa femme, vient de décéder et peu à peu les choses qui l’entourent perdent leur intérêt et leur valeur…
Cependant, lorsque son fils lui propose de s’installer chez lui et qu’il découvre le carnet qu’a tenu Tsuruko pendant toutes ces années, notifiant soigneusement recettes de cuisines, astuces ménagères, détails sur les membres de la famille, etc..., il prend une décision. Il va suivre à la lettre les instructions qu'a laissées sa femme pour lui, Pour Sanpei. Il va devenir un parfait homme d'intérieur ! (plus facile à dire qu’à faire)

Cette très courte série de deux volumes a, comme beaucoup d'autres de ce type, l'ambition de décrire avec justesse la vie de tous les jours. Beaucoup d’auteurs talentueux se sont essayés à cet exercice, énormément s'y sont cassés les dents : dépeindre le quotidien de manière réaliste, sans pour autant sombrer dans la banalité ou lasser le lecteur, ce n’est pas des plus évidents.
Rassurez-vous, Fumiyo Kouno n’est pas que talentueuse, et Pour Sanpei est tout sauf banal.

Dès les premières pages, le ton de l’œuvre est donné, la mangaka parvient à dresser en un temps record un décor "familier" et des personnages attachants aux caractères entiers.
Le propos de l’œuvre, à la fois très simple et complexe, pourrait être résumé à la perfection par la phrase que Tsuruko laisse à son mari:
« J’ai ri avec toi, je me suis fâchée contre toi… Et j’ai été courageuse grâce à toi. Voilà comment se sont écoulées nos années »

Fumiyo Kouno aime la vie, elle parle d’elle, et de tout ce qu’elle contient. Pour Sanpei est ainsi un récit doux et tranquille, présentant des petites scènes quotidiennes auxquelles chacun de nous s’est un jour vu confronté. Même si les sujets sont très éloignés, on peut sans mal faire le parallèle avec Le pays des cerisiers, le traitement et le cheminement réalisés par l'auteur étant semblables.

On remerciera l’éditeur (même si on regrettera un papier un peu trop transparent) de continuer à publier cette mangaka et de nous offrir cette excellente série, bourrée d'humour et de dérision, teintée de nostalgie, avec une pointe de tristesse, un peu d’amour et de colère, quelques non-dits et une vraie envie d'aller de l'avant.
Au final, les personnages font la même chose que sur la couverture (très jolie au passage), ils rament, se débattent, mais regardent l’horizon avec détermination.
Un très beau moment de lecture, dont on attend la suite avec impatience.
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