2 Postfaces pour Les Pommes Miracle

Variétés menacées : les Croqueurs donnent le ton.

Prégnante, l'histoire vraie de cet agriculteur têtu qui brave toutes les idées reçues. Il tente et il réussit l'impossible, du moins ce qui est réputé tel dans la société. Il s'obstine et aboutit par amour certes, et sans doute est-ce là l'une des plus fortes motivations d'un homme. Mais surtout porté par la conviction qu'il est possible d'obtenir de bons résultats en procédant dans le respect de la nature.
Une vérité qu'on a trop tendance à oublier de nos jours parce qu'elle ne prend pas appui sur ce principe imposé par l'agro-industrie : tout ce qui est « nuisible » à la plante peut être aisément éliminé par des moyens « modernes », et le rendement sera forcément au rendez-vous.

Pourtant, depuis des millénaires que l'humanité a appris à pourvoir à ses besoin s en nourriture par l'agriculture plutôt que par la cueillette, sur tous les continents on sait obtenir des aliments en cultivant des plantes adaptées au climat, à l'exposition et à la nature du sol. Depuis toujours on obtient des pommes de variétés dites rustiques, sans recourir à des techniques artificielles et polluantes. Les hommes de nos campagnes ont su sélectionner, génération après génération, les pommiers qui s'adaptent le mieux aux conditions climatiques locales. Et, comme notre beau pays compte à peu près autant de micro-climats et de terroirs que de villages, nous héritons d'un grand nombre de variétés toutes différentes et changeantes selon le lieu où elles ont poussé et la météo de la saison.

Certes il n'est pas, loin s'en faut, que de belles « pommes à couteau » : c'est que la société rurale est restée longtemps attachée à sa production de cidre qui est la boisson paysanne s'il en est. Et puis, le calibrage, la couleur, l'absence de défauts sont des notions récentes imposées par la mondialisation du marché et permises par la mécanisation. Chaque culture a ses demandes. Au sud de l'Europe, le client préfère la pomme petite et verte ; au nord du continent on la veut grosse et rouge. Il en résulte un resserrement de l'offre à peu de variétés et un tri rigoureux qui privilégie l'apparence.
Quel est le sort réservé à nos variétés régionales par le business mondialisé ? L'extinction, tout simplement. Elles ont le défaut rédhibitoire de ne pas se prêter à la standardisation. Bien sûr cela ne se produit pas en quelques jours : le pommier a une durée de vie qui recule l'échéance, et surtout la résistance se manifeste.

La révolte s'est structurée dès 1978, en pleine éclosion de la conscience écologique. Ce fut la fondation des Croqueurs de pommes.
Le mouvement est né à Seloncourt, Doubs, d'un noyau de quelques arboriculteurs amateurs réunis autour d'un autodidacte passionné de pomologie, Jean-Louis Choisel. Des vergers familiaux viennent alors d'être détruits par l'expansion urbaine, d'autres par un accident climatique. Sauver le patrimoine fruitier par une action concrète et immédiate de chacun de ces amateurs dans son propre verger : c'est le but que les Croqueurs se fixent d'entrée. On ne se « prend pas la tête », le nom de l'association en témoigne. Des actes, plutôt qu'un plaidoyer inutile s'il n'est pas suivi d'effets ; les principes fondateurs sont le bénévolat qui pallie l'absence de moyens et la conjugaison des compétences.
Ainsi partis, les Croqueurs ont vite fait du chemin. Les 10 de 1978 sont devenus 1 000 dix ans plus tard, 3 000 en 1996 et plus de 8 000 en cette année 2014. Le mouvement est constitué d’associations locales, chacune responsable sur son terroir mais fédérées autour d'un conseil d'administration national. L'ensemble gère les vergers de sauvegarde qui représentent 10 000 arbres sur environ 35 hectares. Les Croqueurs de pommes ne sont pas seuls : ils entretiennent des échanges suivis avec leurs compères qui portent eux aussi des noms qui sentent bon la glèbe : la Pomologie du Berry, Mordus de la Pomme, i z'on Creuqu'eune Pomme, Fruits oubliés, et d'autres.
Il reste aux Croqueurs du pain sur la planche : la question de la conservation génétique est toujours en suspens, et la promotion des variétés méritantes n'avance pas vite, en butte à l'inertie de la grande distribution entre autres.
Bonne nouvelle : l'association a reçu l'agrément ministériel au titre de la protection de la nature.
Et puis, l'essentiel : dans tout le pays, des milliers d'arbres fruitiers ont retrouvé un nom, une valeur sentimentale ; le « Catalogue national » s'est enfin ouvert à la réinscription des variétés oubliées.


Les Croqueurs de Pommes de l’Ouest Limousin
Centre Nature « La Loutre »
05 55 48 07 88
87430 Verneuil sur Vienne
contact@croqpomlim.fr
www.croqpomlim.fr


LES CROQUEURS de pommes®
Maison des Associations
Rue Jean-Pierre Melville
Boîte postale 80043 90001 BELFORT CEDEX
Téléphone du Secrétariat : 03 84 21 41 70
http://www.croqueurs-national.fr

Pour trouver les croqueurs de pommes dans votre région :
http://www.croqueurs-national.fr/associations-locales.html

Pesticides : pourquoi le message d’Akinori Kimura est un message important pour notre santé et celle de nos enfants.

L’association Générations Futures est particulièrement fière de pouvoir contribuer par ce texte à l’édition du Manga « Les Pommes miracles, l'histoire vraie d'un paysan en quête du naturel ». Pourquoi ? Principalement pour deux raisons. La première c’est que Générations Futures est une association écologiste qui travaille sur la question des pesticides depuis une vingtaine d’années. À cet égard, l’expérience d’Akinori Kimura présentée dans ce manga est exemplaire. À force de courage et d’expérimentation il est parvenu à développer une méthode permettant de cultiver des pommes sans aucun pesticide de synthèse alors même que le climat tempéré humide du Japon prédispose pourtant le pommier à nombres de maladies fongiques. On le sait bien en France où la culture intensive du pommier nécessite une moyenne de 36 traitements pesticides par an ! Oui vous avez bien lu : 36, pas un de moins. Dans ces conditions, mettre au point, seul, une méthode agronomique pour pouvoir donner le maximum de résistance à ses pommiers face aux nombreux ravageurs et maladies potentiels du pommier est un véritable exploit. Et la deuxième raison pour laquelle ce manga est d’un intérêt particulier pour Générations Futures est que le premier Président de l’association et fondateur, l’agronome Georges Toutain, a lui aussi développé des méthodes de cultures sans pesticides toute sa vie, en tant que spécialiste d’un autre arbre fruitier, le palmier dattier. En fin de carrière il a même créé des vergers de pommiers dans sa région natale de Picardie qu’il s’évertue à conduire, comme Akinori Kimura, sans le moindre pesticide. En France comme au Japon, les tenants de l’agriculture basée sur la chimie de synthèse prétendent pourtant qu’on ne peut pas produire ce fruit délicat qu’est la pomme sans pesticide. Eh bien, Georges Toutain, un résistant aux idées reçues du modèle agricole agrochimique comme Akinori Kimura, démontre lui aussi le contraire depuis une vingtaine d’années dans ces vergers 100% bio, dans lesquels paissent également de paisibles bœufs sous les frondaisons des pommiers. Ces vergers servent d’ailleurs de vergers de démonstration à notre association Générations Futures pour prouver que des alternatives aux pesticides existent, même dans une culture aussi délicate que la culture du pommier.

Mais pourquoi est-il si important de pouvoir se passer de pesticides en agriculture ? Pourquoi déployer autant d’efforts, pourquoi affronter autant de difficultés qu’Akinori Kimura pour arriver à une agriculture 100% bio, sans aucun pesticide de synthèse ? Eh bien tout d’abord parce que les pesticides sont par nature des produits dangereux, toxiques, et qu’ils constituent une menace environnementale et sanitaire. Rappelons en effet que le –cide final de pesticide signifie “tuer”, comme dans homicide ! Il se décline selon l’usage auquel on le destine : insecticide pour la lutte contre les insectes, herbicide pour la lutte contre les herbes concurrentes, fongicide pour lutter contre les maladies causées par des champignons microscopiques, rodenticide pour lutter contre les rongeurs, etc. Mais partout il s’agit de tuer des êtres vivants. Employés en très grande quantité dans l’agriculture (près de 70 000 tonnes de pesticides sont utilisés chaque année en France) les pesticides se retrouvent logiquement partout dans l’environnement : dans l’eau, dans l’air, dans les sols mais aussi dans les plantes cultivées. Là, ils exposent la faune sauvage à leurs effets toxiques. Certains pesticides déciment les vers de terre, pourtant si utiles à la fertilité des sols agricoles. D’autres sont des tueurs d’abeilles, comme ces insecticides dont on enrobe des semences et qui vont se répandre dans toute la plante et jusqu’au nectar, butiné par les abeilles. Les poissons sont aussi impactés par des pesticides qui, à des doses extrêmement faibles, perturbent leur système reproducteur. Mais surtout ces pesticides menacent la santé humaine. Certains sont si toxiques qu’ils peuvent conduire à de véritables empoisonnements suite à ces intoxications aiguës. Ainsi l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a estimé qu’il y a chaque année dans le monde un million de graves empoisonnements par les pesticides, avec quelque 220 000 décès qui touchent principalement les agriculteurs les plus pauvres du monde, comme en Inde. Mais, outre ce risque d’intoxication, ce qui soulève aujourd’hui le plus d’inquiétudes est le risque chronique dû à l’exposition à de faibles doses, répétées sur le long terme, ou lors de périodes particulièrement sensibles de la vie, comme pour l’embryon dans le ventre de sa mère, ou pendant la jeune enfance. Ces expositions, même faibles, peuvent en effet conduire à des maladies qui vont apparaître plus tard dans la vie. On sait ainsi que les pesticides sont responsables de certains cancers (cancers de la prostate, leucémies, lymphomes, myélomes…) plus fréquents chez les personnes exposées à ces substances. L’exposition à des pesticides semble également liée à un risque plus grand de développer les maladies de Parkinson et d’Alzheimer. D’éminents scientifiques pensent également que les pesticides utilisés actuellement en Europe peuvent s’avérer toxiques pour le développement du système nerveux car le cerveau en développement des fœtus et des jeunes enfants est beaucoup plus sensible que celui des adultes aux perturbations chimiques. De récentes études montrent ainsi que de jeunes enfants exposés pendant la grossesse ont plus de risque de développer des troubles graves comme l’autisme. Enfin de nombreux pesticides sont suspectés d’être des perturbateurs endocriniens. Un perturbateur endocrinien est une substance capable d’imiter les propriétés de certaines hormones et donc d’induire des perturbations dans le développement ou le fonctionnement de l’organisme. La perturbation du système endocrinien (appelé aussi système hormonal) peut être la cause de problèmes d’infertilité ou de développement, de certains types de cancers, de déficits immunitaires ou encore de perturbations du développement neurologique et comportemental qui apparaîtront plus tard dans la vie du jeune exposé pendant la grossesse ou ses premières années. Il s’agit donc d’un enjeu sanitaire majeur.

Ce manga, basé sur la vie et l’œuvre de Akinori Kimura est donc à saluer tout particulièrement. En effet il va permettre à de nombreux amateurs de ce style de bande dessinée, souvent jeunes, de comprendre tout d’abord qu’une agriculture sans produits chimiques dangereux comme les pesticides est possible. Nous espérons ensuite, chez Générations Futures, qu’elle permettra à ces jeunes lecteurs de comprendre toute l’utilité de l’engagement sans faille d’Akinori Kimura pour faire progresser cette agriculture sans pesticides. En effet, ce sont ces jeunes qui sont les parents de demain et ce sont eux qui pourront, grâce au message de ce manga, comprendre combien il est important d’avoir une agriculture et donc des aliments et un environnement qui n’exposeront pas leurs futurs enfants et leur santé à ces pesticides redoutables. Puisse ce modeste texte avoir également contribué à leur faire comprendre que l’avenir et la santé des générations futures, vos enfants chers lecteurs et lectrices, passent aussi par une agriculture qui respecte la santé des milieux et des consommateurs : l’agriculture biologique, celle d’Akinori Kimura.

François Veillerette
Porte-Parole de Générations futures, www.generations-futures.fr
Président du réseau d’association européen ‘Pesticide Action Network’ http://www.pan-europe.info/

Les Pommes Miracle

Les Pommes Miracles, c'est l'histoire vraie d'Akinori Kimura, le premier producteur de pommes bios… au monde ?!

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